Souvent complexe, le diagnostic de l’endométriose nécessite parfois le recours à des examens invasifs tels que la cœlioscopie. Aujourd’hui encore, elle est diagnostiquée avec un retard. Dans ce contexte, le Ministère de la Santé Français vient de sélectionner 80 établissements de santé pour expérimenter l’Endotest®, un test salivaire innovant capable de diagnostiquer l’endométriose.
Environ 10 à 15 % des femmes en âge de procréer souffrent d’endométriose, une affection bénigne, pouvant provoquer des douleurs sévères, caractérisée par la présence de tissu endométrial (muqueuse qui tapisse l’intérieur de l’utérus) à l’extérieur de l’utérus. Souvent complexe, le diagnostic de cette maladie nécessite parfois le recours à des examens invasifs tels que la cœlioscopie, engendrant des risques et des inconforts.
L’Endotest® repose sur l’analyse génétique des microARN présents dans la salive pour détecter les biomarqueurs associés à l’endométriose. Ce test représente une alternative non invasive aux méthodes diagnostiques actuelles, qui sont souvent coûteuses et inconfortables pour les patientes.
Il est particulièrement utile pour les femmes présentant des symptômes évocateurs d’endométriose, mais dont les résultats d’imagerie ne permettent pas de confirmer le diagnostic. Dans ces cas, le seul moyen actuel de certitude repose sur la cœlioscopie, une intervention chirurgicale mini-invasive. L’Endotest® pourrait ainsi transformer le parcours de soins en réduisant les délais de diagnostic et en minimisant le recours à la chirurgie exploratoire.
Le diagnostic non invasif de l’endométriose repose en premier lieu sur l’évaluation clinique des symptômes, l’échographie pelvienne endovaginale et l’imagerie par résonance magnétique (IRM) pelvienne. Lorsqu’elles sont réalisées par des radiologues experts, ces techniques permettent d’identifier les lésions profondes sans recourir systématiquement à la cœlioscopie chirurgicale. Les centres « spécialisés » en endométriose qui opèrent la plupart de leurs patientes font du sur-traitement car ils existent des alternatives médicamenteuses (Progestatifs, Ryeqo°, prolothérapie neurale).
Quelles techniques d’imagerie non invasives pour diagnostiquer l’endométriose profonde pelvienne ?
Un groupe de travail constitué d’experts internationaux a dernièrement finalisé un consensus qui vise à guider les cliniciens impliqués dans le traitement des femmes suspectées d’endométriose lors de l’évaluation des patientes et de la planification des stratégies de traitement chirurgical.
En Belgique, le groupe des femmes en âge de procréer (15 à 49 ans), selon les publications de Statbel représente environ 2,4 à 2,5 millions de femmes. Dans ce groupe, le nombre d’endométriose profonde est estimé à environ 4750 patientes.
Les résultats de l’examen physique et de l’imagerie non invasive contribuent au diagnostic clinique de l’endométriose et permettent une intervention rapide. Les techniques non invasives préconisées sont principalement l’échographie par voie transvaginale – transvaginal sonography (TVS), l’imagerie par résonance magnétique (IRM) et, moins fréquemment, la tomodensitométrie (TDM). Le diagnostic de l’endométriose profonde (DE) par imagerie non invasive en remplacement de la laparoscopie diagnostique peut être utilisé avant l’intervention chirurgicale, pour prédire la difficulté opératoire et surtout dans le contexte d’infertilité. Cette pratique est confirmée par la Société européenne de reproduction humaine et d’embryologie (ESHRE) dans ses dernières directives. Dans cet article publié récemment des déclarations fondées sur des preuves sont publiées dans le but de guider l’utilisateur de techniques d’imagerie non invasives dans le diagnostic et la classification de l’endométriose pelvienne.
Échographie transvaginale (TVS)
L’imagerie avec TVS en préopératoire peut prédire de manière fiable, et avec un niveau de preuve suffisant, la présence de DE du rectum, du septum recto-vaginal (RVS), du vagin, du ligament utéro-sacré (USL) et de la vessie mais elle est moins précise pour prédire la DE sigmoïdale.
Imagerie par résonance magnétique (IRM) et la tomodensitométrie (TDM)
L’imagerie par IRM peut prédire de manière fiable et préopératoire la présence d’une DE du rectosigmoïde, de l’USL et du torus utérin, du RVS, du vagin et de la vessie.
La tomodensitométrie peut prédire de manière fiable la présence d’une DE du rectosigmoïde mais ne présente aucun avantage évident par rapport à l’IRM et présente par contre l’inconvénient de l’exposition aux radiations. Il n’existe que peu de preuves pour soutenir l’utilisation de la TDM pour la détection de DE de l’USL, du torus utérin, du RVS, du vagin ou de la vessie.
L’imagerie non invasive dans la classification des stades de la maladie
L’imagerie par TVS peut aider à décrire l’endométriose modérée à sévère, mais est moins précise dans les cas de maladie minimale à légère. Bien que l’utilisation de systèmes de classification pour l’ED fasse l’objet d’un débat permanent, la majorité des participants à ce consensus étaient d’accord sur l’utilisation de TVS ou d’IRM en combinaison avec la classification #Enzian.
Quelle imagerie en première intention ?
Force est de constater que les performances des tests d’imagerie dépendent de l’opérateur et vont croissant avec l’augmentation des niveaux de formation, des compétences et de l’expérience de l’opérateur. De plus tenant compte de l’évolution des techniques vers toujours plus de performance et tenant compte de l’ancienneté de certaines données disponibles, les chiffres de sensibilité publiés sont une sous-estimation de la situation actuelle. La TVS est recommandée en première intention en raison de ses bonnes performances, de sa rentabilité et de son faible impact environnemental.



