La chirurgie mini-invasive pour l’endométriose profonde est généralement très efficace pour soulager les douleurs pelviennes, comme les règles douloureuses ou les douleurs en dehors des règles. Pourtant, certaines femmes constatent, après l’opération, l’apparition de douleurs pendant les rapports sexuels, un phénomène encore peu étudié : on parle alors de dyspareunie profonde de novo (c’est-à-dire des douleurs qui n’existaient pas avant l’intervention).
Une étude a analysé les cas de 259 femmes opérées pour une endométriose profonde avec une technique respectant les nerfs. Après avoir exclu celles qui n’ont pas pu être suivies ou qui étaient enceintes dans l’année suivant l’opération, 214 patientes ont été observées pendant 12 mois.
Les résultats sont globalement positifs : la majorité des femmes ont vu leurs douleurs (règles, douleurs pelviennes, ou douleurs déjà présentes pendant les rapports) s’améliorer significativement. Cependant, une femme sur sept (soit environ 15 %) qui n’avait jamais eu de douleurs pendant les rapports avant l’opération a développé ce type de douleurs dans l’année qui a suivi. Ces nouvelles douleurs sont apparues alors même que les autres symptômes continuaient de s’améliorer, ce qui laisse penser qu’elles ne sont pas liées à une récidive de l’endométriose.
Les chercheurs n’ont pas identifié de facteur prédictif clair pour expliquer cette évolution. Étonnamment, la plupart de ces femmes n’avaient pas d’atteinte de la cloison entre le vagin et le rectum (une zone souvent associée à ce type de douleurs). Plusieurs hypothèses sont avancées : mémoire de la douleur (le cerveau reste en alerte), inflammation des nerfs, tensions musculaires au niveau du périnée, ou encore des mécanismes psychologiques. Par exemple, parmi les femmes concernées, certaines souffraient de dépression, une maladie qui peut entretenir ou aggraver les douleurs chroniques.
Cette étude rappelle aussi que les résultats moyens ne reflètent pas toujours l’expérience individuelle. Même si la chirurgie apporte un soulagement à la grande majorité des patientes, une minorité peut voir apparaître de nouveaux symptômes. Les autrices encouragent donc à mieux informer les femmes avant l’opération : savoir qu’il existe un risque (même faible) de développer des douleurs pendant les rapports permet de mieux se préparer et de consulter rapidement en cas de besoin, pour une prise en charge adaptée et multidisciplinaire (gynécologue, kinésithérapeute spécialisé, psychologue, etc.).
N’hésitez pas à en parler à votre médecin ou à votre équipe soignante pour des réponses personnalisées à vos questions !



